TOURISME ET CULTURE                                                                                       Accueil
 

La poterie algérienne est extrêmement riche. Avec ses formes variées et ses décorations élégantes, elle constitue l'un des symboles du patrimoine artisanal de l'Algérie. Cette poterie plonge ses racines dans les temps les plus reculés. Jadis utilisée dans la vie quotidienne, aujourd'hui elle se trouve menacée dans de nombreuses régions. Découvrez son histoire et toute sa diversité ainsi que tous ses secrets sur notre site.

Ancienne poterie de Kabylie

De nombreux chercheurs, archéologues et historiens se sont penchés sur l'origine de la poterie berbère. On l'a rapprochée de la poterie phénicienne, grecque, chypriote, étrusque et même égyptienne, mais les traces les plus anciennes de cette poterie remontent à des époques bien antérieures à la naissance des civilisations méditerranéennes. En effet, il existe des similitudes frappantes entre les objets de poterie réalisés aujourd'hui par les artisans berbères et ceux retrouvés dans les sépultures des premiers berbères de la fin du néolithique. Pour expliquer les ressemblances qui existent entre la poterie berbère et celle de nombreuses autres cultures antiques, les archéologues n'excluent pas l'existence d'une culture préhistorique commune à tous les peuples anciens de la méditerranée.

La poterie berbère a été fabriquée dans toutes des régions peuplées du Maghreb et elle était destinée principalement à la consommation locale. Elle n’a pas donné lieu à des échanges avec des régions éloignées.

   La décoration de la poterie berbère avec des motifs triangulaires apparaît dès la période romaine. De plus, durant la même période, les centres de production de poteries étaient principalement situés dans les zones occupées par les Romains, car ces derniers ont, non seulement encouragé sa fabrication (pour des motifs économiques), mais il se trouve que la plupart des régions berbères occupées par les Romains étaient des régions dont les autochtones, sédentaires et agriculteurs,étaient des gens qui utilisaient la poterie pour la cuisson, le transport et la conservation de leurs aliments (graines, huile, etc.). C'est donc à ces fonctions économiques et sociales que la poterie berbère a pu se maintenir à cette époque où, l'Afrique du Nord était le "grenier de Rome", et les Romains l'avaient bien perçu.
 

     Amphores et jarre à eau Ce fut dans les régions les plus exposées aux influences étrangères successives ( Phénicienne, Romaine et Arabe) que la poterie a subi le plus d'influences. Les amphores, par exemple, servant à transporter de l'eau dans certaines régions comme la Kabylie ou la Tunisie, proviennent des Phéniciens et conservent toujours leur forme pointue. D'autre part, la décoration en relief de certaines poteries de Tunisie témoignent d'une influence romaine. Il est remarquable de constater que ces amphores qui servent à transporter de l'eau (taqellalt ou tacmuxt) existent toujours en Kabylie et conservent totalement leur usage.
Les Berbères connaissaient probablement, bien avant l'arrivée des Musulmans, le tour du potier, qui permettait de fabriquer rapidement la poterie. Cependant, ils ont rarement produit de la poterie en très grand nombre à des fins commerciales. La poterie berbère continue de vivre et de survivre dans beaucoup d'endroits, et les techniques actuelles avec lesquelles les artisans la fabriquent ne sont guère différentes de celles de leurs ancêtres, voici des milliers d'années.

   La poterie algérienne : diversité des formes  Dans un environnement dur, les Berbères ont développé un mode de vie adapté dans lequel ils ont su garder leur autonomie. Afin de subvenir à la plupart de leurs besoins, ils fabriquent eux même leurs ustensiles, et ne vont au marché que pour acheter des produits qu'ils ne peuvent fabriquer dans leurs villages ou leurs régions. C'est ainsi que la poterie berbère était fabriquée afin d'être utilisée dans la vie quotidienne. Pour ce faire, il était indispensable à la femme berbère d'apprendre à modeler et à fabriquer elle-même tous les objets de poterie utilisés couramment dans la famille. D'ailleurs, jusqu'à une époque récente, la production de poteries était généralisée chez les Berbères sédentaires de toute l'Afrique du Nord. Ce n'est qu'au milieu du XXe siècle qu'elle a commencé à régresser en Tunisie, au Maroc et dans de nombreuses régions d'Algérie.

   Malgré l'invasion des ustensiles modernes, plus pratiques et moins chers, les objets en poterie n'ont pas, pour autant, complêtement disparus. Ceci est notamment vrai pour la Kabylie, le nord Constantinois (Jijel, Mila), les Aurès (M'chounèche) et Tipaza. En Kabylie, on assiste, depuis un certain temps, à une reprise de l'activité de fabrication de la poterie et ce malgré les difficultés rencontrées par les artisans, liées à l'insuffisance des mesures d'incitation et d'encouragement de la part de l'Etat.

   C'est à la fin du printemps et au début de l'été que les femmes berbères s'occupent de la poterie (cette periode permet la recherche et l'extraction de l'argile, le modelage et le séchage). Autrefois, les femmes ne fabriquaient de la nouvelle poterie que pour remplacer les objets usagés ou cassés, et seul le surplus était vendu ou échangé. Cependant, certaines femmes vivant dans le besoin, (veuves et femmes seules etc.), les fabriquaient, les vendaient ou les échangeaient contre des denrées alimentaires ou autres objets domestiques.


   Ustensiles courants pour la cuisine Des récipients, déstinés à la cuisson, aux services de table, passant par les cruches et jarres pour les conservations d'aliments et liquides, des grosses jarres appelées "ikufan" (singulier "akufi" en kabyle) servant au stockage des grains aux lampes traditionnelles ornées de beaux motifs, la poterie berbère est fort riche et est destinée à des fonctions et usages très variés.

   Avant que l'acier inoxydable, l'aluminium et le plastique ne fassent leur apparition, tout était fabriqué en argile. Il était impossible de trouver un foyer qui ne disposait pas de marmite et de couscoussier, deux objets inséparables qui servaient à préparer l'aliment le plus important chez les Berbères. Le plat berbère (appelé tabaqit en kabyle), utilisé pour les repas, est bien plus grand qu'un plat ordinaire et c'est autour de lui que les membres de la famille se réunissent pour manger, renforçant ainsi les liens entre eux.


   La terrine, sorte de gros plat qui servait à rouler le couscous et à pétrir la pâte à pain, était également un objet très important dans le foyer berbère. Les berbères utilisaient des cruches de formes diverses afin de puiser et de transporter de l'eau et des liquides.

   Les grosses jarres pansues, à pied large que l'on retrouve dans certaines maisons, servaient également à la conservation de l'eau puisée dans les sources, de grains et de l'huile extraite de la récolte des olives. Fabriquées en argile, ces jarres permettaient un conditionnement parfait des aliments, les maintenant au frais durant les mois chauds de l'été, et au chaud, durant les rudes froids de l'hiver. De plus, les aliments conservés ou préparés dans ces objets d'argile étaient réputés pour avoir des goûts uniques, et aujourd'hui encore, voir du couscous servi dans un plat kabyle traditionnel ouvrirait l'appétit à n'importe qui.







   Les "ikufan" de Kabylie, quant à eux, étaient de véritables magasins de denrées que presque chaque famille possédait. Ils pouvaient contenir des quantités importantes de grains, qui leur conféraient le rôle de réserve familiale, voire de village.

   Ce gros récipient ("akufi") était conçu avec un ornement très ancien et donnait à la maison une authenticité remarquable tant l'ambiance qu'il dégageait emplissait la demeure et lui conférait une sensation de sérénité. Il est regrettable de remarquer que l'akufi qui incarne, à lui tout seul, la tradition des Berbères ait disparu des demeures, envahies par une architecture moderne qui s'inscrit en rupture totale avec les traditions et la culture.





   A l'origine, la poterie destinée à l'usage quotidien était décorée sommairement. Avec la multiplication et le développement des usages, elle est devenue progressivement un élément d'identification et de communication. La transcription des motifs berbères qui ornent les poteries et les tapis a commencé à connaître un développement important lors des grandes invasions étrangères qui ont amené avec elles des modes de vie différents. De nos jours, notamment depuis un demi-siècle, la recherche du décryptage des symboles berbères est devenue une préoccupation importante chez les chercheurs universitaires algériens et suscite un intérêt de plus en plus grand.


 


Parallèlement à cela, les artisans en poterie ont fait d'énormes progrès dans la réalisation et le développement des styles traditionnels qu'ils ont, à la fois, préservés et modernisés, en adoptant une approche positive par rapport au caractère identitaire qu'ils véhiculent. Les efforts consentis, ces deux dernières décennies par l'Etat, ont permis d'encourager des actions allant dans le sens de la réhabilitation de la culture nationale.



   Ainsi, la poterie a connu dans son mode de fabrication une évolution très sensible. La mécanisation du mode de fabrication a permis d'obtenir des articles d'une grande beauté tout en gardant le caractère originel de leurs lignes. Ainsi, le modelage a du laisser la place au moulage qui permet d'obtenir des quantités importantes en peu de temps. Il en est ainsi également du séchage et de la cuisson qui sont devenus industriels et par conséquent rapides et sans risque pour les produits.

   La décoration, de son côté, a vu l'utilisation de moyens plus appropriés qui permettent, à la fois, d'améliorer le confort du potier et sa productivité, renforçant ainsi une évolution vers des systèmes de production mécanisées qui permettent de rentabiliser l'activité.

   Cette nouvelle approche a permis de développer une dynamique commerciale moderne qui franchit les limites des frontières traditionnelles.





 

 

 


Poterie de Kabylie

Poterie de Nedroma et M'sirda

Poterie Noire de Tamentit

Poterie de l'Est Constantinois

Poterie des Aurès et de M'Chounech

Poterie de l'Ouarsenis

Poterie de Jijel

Poterie du Chenoua

Poterie de Hammam Melouane

Poterie du Chenoua (Tipaza)