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COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES 02
MAI 2011
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Le
président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a présidé ce
jour, lundi 28 Joumada El Oula 1432 correspondant au 2 mai 2011, une
réunion du Conseil des ministres.
Le Chef de l’Etat a ouvert cette séance par
une déclaration relative au programme de réformes qu’il a annoncé à
la nation le 15 avril 2011, et dont ci-après la teneur :«
Avant d’aborder l’ordre du jour de cette réunion, je voudrais
d’abord revenir sur le programme de réformes que j’ai annoncé il y a
quelques jours à la Nation.Ce programme a suscité des réactions
diverses, ce qui est normal dans un pays de démocratie et de
diversité politique. Il a également donné lieu à quelques
interrogations auxquelles j’estime utile d’apporter ici des
clarifications.
En premier lieu,
je réaffirme que les réformes politiques seront profondes, dans le
respect des principes fondamentaux et des composantes de l’identité
nationale que sont l’Islam, l’arabité et l’amazighité énoncés par la
Constitution en vigueur.En effet, en son article 178, la
Constitution dispose que nulle révision constitutionnelle ne saurait
porter sur le caractère républicain de l’Etat, l’ordre démocratique
basé sur le multipartisme, l’islam religion de l’Etat, l’arabe
langue nationale et officielle, les libertés fondamentales et les
droits de l’homme et du citoyen, l’intégrité et l’unité du
territoire national, ainsi que l’emblème national et l’hymne
national en tant que symboles de la Révolution et de la
République.Dès lors, hormis ces constantes nationales, les lois qui
seront révisées ainsi que le projet de révision de la Constitution
refléteront les vues et les propositions qui auront été
démocratiquement exprimées par la majorité.
En second lieu,
les partis politiques et les personnalités nationales seront
largement consultés sur toutes les réformes politiques à
promouvoir.Dans ce cadre, des rencontres seront bientôt entamées
sous la direction d’une personnalité nationale que je désignerai à
cet effet. Ces consultations politiques seront notamment l’occasion
de recueillir les vues et propositions des partis et des
personnalités sur l’ensemble des réformes annoncées, et notamment
sur la prochaine révision de la Constitution.
En troisième lieu,
s’agissant plus précisément de la préparation du projet de révision
de la Constitution, une commission compétente sera désignée par mes
soins pour prendre en charge cette mission. Elle sera destinataire
des propositions et suggestions des partis et des personnalités sur
ce dossier.Une fois son travail achevé, cette commission me
présentera le projet de révision constitutionnelle élaboré, dont la
mouture finale sera soumise au Parlement comme en dispose la Loi
fondamentale.En outre, si le projet de révision constitutionnelle se
révèle profond, le peuple devra, après le Parlement, en disposer en
toute souveraineté, par la voie d’un référendum transparent.
En quatrième lieu,
à la lumière des vues et des propositions des partis et des
personnalités nationales qui seront consultés comme je viens de
l’indiquer, le Gouvernement aura la responsabilité de préparer les
projets de lois découlant du programme de réformes politiques.Pour
rappel, il s’agira d’abord des trois lois organiques relatives
respectivement, au régime électoral, aux partis politiques et à la
place des femmes dans les assemblées élues. Il s’agira ensuite des
projets de lois relatifs aux incompatibilités avec le mandat
parlementaire, et au mouvement associatif. Il s’agira également du
projet de révision du code de wilaya qui viendra s’ajouter à la
récente révision du code communal.Dans ce cadre, le Gouvernement
aura à recueillir en tant que de besoin, les suggestions et
propositions des partis politiques et du mouvement associatif qui,
je l’espère, réagiront dans les délais qui seront convenus, de sorte
à permettre le dépôt de tous ces projets de lois sur le bureau du
Parlement dans le respect d’échéances découlant d’un calendrier
politique sur lequel je reviendrai plus loin.Par ailleurs, nous
aurons à promouvoir les réformes relatives à l’information.A ce
titre, et outre le projet de loi sur la dépénalisation du délit de
presse que nous examinerons aujourd’hui, le Gouvernement est chargé,
en concertation avec la famille de la presse, de diligenter
l’élaboration du projet de loi organique relative à l’information.Outre
les nouvelles garanties juridiques sur la liberté de la presse que
cette future loi consolidera, nous travaillerons à une modernisation
de l’espace médiatique national pour le porter au niveau de notre
pluralisme démocratique et des ambitions de notre population, et
pour conforter le professionnalisme et l’éthique.C’est dans ce cadre
que sera mise sur pied une commission indépendante d’experts
nationaux dans le domaine des médias audiovisuels, de la
communication et de l’information. Elle aura pour mandat de proposer
les voies et les moyens d’améliorer le paysage audiovisuel, de
promouvoir la communication par le biais des nouvelles technologies
de l’information, et d’identifier les domaines à travers lesquels
l’aide publique contribuera à l’épanouissement de la presse
écrite.Une autorité de régulation des médias sera également
instaurée une fois la nouvelle loi sur l’information promulguée.
Elle aura pour mission de veiller au respect des principes consacrés
par la liberté d’expression, de garantir un accès équitable des
partis politiques aux médias audiovisuels, et de concourir au
respect de l’éthique et de la déontologie.Je profite de cette
occasion pour rappeler au Gouvernement qu’il est également chargé de
préparer les projets de lois relatifs à la publicité et aux sondages
médiatiques.Le programme des réformes politiques que j’ai annoncé
comprend également une plus grande ouverture des pouvoirs publics en
direction des différentes ligues et associations nationales des
droits de l’homme.A cet effet, le Gouvernement me proposera un
projet de réglementation permettant de consolider cette démarche
dans laquelle la commission nationale consultative chargée de la
protection de la promotion des droits de l’homme conservera
naturellement tout le rôle que lui confère la loi.
En cinquième lieu,
s’agissant du calendrier de mise en œuvre des réformes politiques,
je tiens d’abord à indiquer que le Gouvernement est tenu de
diligenter la préparation des projets de lois découlant de ces
réformes, pour pouvoir les présenter au Parlement au fur et à mesure
de leur finalisation. En tout état de cause, la totalité de ces
projets devra être sur le bureau de l’Assemblée populaire nationale
au plus tard au début de sa prochaine session d’automne afin qu’ils
soient tous débattus et votés par l’actuelle législature. Il s’agit
là d’un objectif politique important pour tous qui permettra
d’organiser les prochaines élections législatives et locales
conformément à ces nouvelles lois.Concernant le projet de révision
de la Constitution, j’entends le soumettre au Parlement après les
prochaines élections législatives. Je retiens ce choix pour des
raisons objectives, notamment mon espoir que les prochaines
élections législatives qui seront organisées dans une transparence
totale, déboucheront sur la représentation au Parlement de tous les
grands partis politiques de notre pays.Outre ces précisions et
orientations sur les réformes politiques, je voudrais également
saisir cette occasion pour baliser le cheminement des autres
chantiers non moins importants, que j’ai abordés dans mon dernier
message à la Nation.A cet égard, s’agissant de la lutte contre les
fléaux sociaux, notre pays est désormais doté d’un arsenal
législatif complet pour la lutte contre la corruption et toutes les
autres formes d’atteinte aux deniers et patrimoines publics. Le rôle
de l’inspection générale des finances et celui de la Cour des
comptes ont également été renforcés. Nous compléterons ce jour ce
dispositif juridique par des projets de révision de lois destinés à
protéger les cadres et les gestionnaires dans l’exécution de leurs
missions et dans la prise en charge du risque de gestion.J’appelle
donc nos magistrats à y apporter leur plein concours au service de
la protection des biens et des deniers publics dans le strict
respect des lois.Les relations entre l’administration et les
citoyens devront impérativement être améliorées, en faisant reculer
la bureaucratie, en mettant un terme aux dysfonctionnements de
l’administration et en réhabilitant le service public.A ce titre, le
Gouvernement est chargé de diligenter les chantiers qu’il a déjà
ouverts pour l’allégement des procédures administratives, de sorte â
présenter ses recommandations au Conseil des ministres à la lin de
ce semestre.Dans ce même esprit, le Gouvernement est requis pour
mettre au point une nouvelle procédure qui renforcera la
transparence et l’équité dans l’accès des citoyens aux aides
publiques au logement et à l’attribution du logement public
locatif.En effet, et comme nous le vérifierons aujourd’hui encore,
lors de l’examen du projet de loi de finances complémentaire, l’Etat
ne ménage pas ses efforts pour répondre à la demande de logement. Il
reste donc à conforter la confiance de nos citoyens dans le fait que
leur droit au logement sera sauvegardé et satisfait.J’ai également
annoncé la tenue cette année d’une concertation pour définir les
objectifs d’un meilleur développement local et les adapter aux
attentes de la population.Le Conseil national économique et social
animera cette concertation avec le plein concours du Gouvernement et
des collectivités locales, et avec la participation, notamment de
compétences représentatives de la population, des élus locaux et des
représentants de l’administration locale.Cette concertation, dont
les modalités seront précisées à travers une «feuille de route»
destinée à ceux qui auront la responsabilité de la conduire, sera
entamée bientôt à partir des communes pour aboutir à des assises
nationales. Elle devra dégager les recommandations appropriées à
même de concourir à l’amélioration de la gouvernance des
collectivités locales ainsi que celle des relations entre
l’administration et les citoyens.Toujours au titre de la
modernisation de la gouvernance et de la poursuite de la réforme de
l’Etat, j’ai chargé le Gouvernement d’œuvrer à la promotion du rôle
et de la place des assemblées élues locales dans la gestion du
développement et des affaires publiques.Ce processus vient de
franchir une étape importante avec la révision du code communal qui
sera suivie de celle du code de wilaya.Il s’agira donc de conforter
ces améliorations notamment au niveau des communes, en mettant à la
disposition de leurs assemblées élues les compétences
administratives et techniques requises, y compris en faisant appel,
transitoirement, aux dispositifs d’aide à l’insertion
professionnelle des diplômés, et le cas échéant, en augmentant le
concours du budget de l’Etat aux ressources des communes démunies.En
tout état de cause, les assemblées locales élues devront, à
l’avenir, être en mesure d’assumer leurs responsabilités de
gouvernance et d’intermédiation vis-à-vis des citoyens qui les
auront élues démocratiquement et en toute transparence.Dans le même
temps, et pour faciliter le recours des citoyens contre toute
décision administrative qu’ils contesteraient, le Gouvernement
mobilisera les moyens nécessaires pour que le secteur de la Justice
puisse ouvrir, au rythme de la disponibilité des personnels requis,
et notamment des magistrats, l’ensemble des tribunaux administratifs
prévus à travers le territoire national.Je charge également les
autorités judiciaires de promouvoir, avec le concours des médias,
une vulgarisation de la place et du rôle de la juridiction
administrative comme voie de recours à l’encontre de toute décision
administrative considérée inéquitable. Cela ne manquera pas de
concourir à la promotion de relations plus apaisées entre
l’administration et les citoyens.Dans mon message à la Nation, j’ai
également annoncé que nous engagerons une action profonde en
direction de l’entreprise nationale, publique ou privée, pour
appuyer son développement.Cette démarche viendra renforcer et
parfaire les mesures déjà prises pour diversifier l’économie
nationale et pour valoriser l’importante dépense publique
d’investissements en tant que plan de charges pour les entreprises
locales.Je charge donc le Gouvernement de convier rapidement ses
partenaires économiques et sociaux à une concertation tripartite
exclusivement consacrée aux voies et moyens de soutenir le
développement de l’entreprise et de promouvoir un climat plus
propice à l’investissement et à l’activité économique. Les
conclusions de cette concertation et des chantiers dont elle
pourrait convenir seront mises en œuvre au cours de cette année.En
outre, le Conseil national économique et social assurera, dans le
cadre de ses rapports périodiques, le suivi du développement de
l’économie hors hydrocarbures et particulièrement de l’entreprise,
de sorte à recommander les mesures complémentaires ou les correctifs
qu’il serait utile de prendre en charge.En parallèle, le
Gouvernement doit préparer pour le mois de septembre prochain, la
tenue d’une réunion plénière de la tripartite qui sera l’occasion
d’aborder avec tes représentants des employeurs et des travailleurs
les dossiers liés aux questions sociales.Après la restauration de la
paix et la remise en route du développement économique et social,
ces réformes seront le couronnement du renouveau national.Je
m’engage à respecter les contours qui seront délimités à ces
réformes, pour autant qu’ils respectent les constantes nationales
déjà mises à l’abri de tout changement par la Constitution en
vigueur, et que ces mêmes contours soient fidèles à la volonté du
peuple qui a exclu de la vie politique les tenants de la
violence.Ces réformes politiques ainsi que la modernisation de nos
méthodes de gestion des affaires publiques qui les accompagnera et
que j’ai évoquée déjà, découlent du stade atteint par notre
développement national ainsi que des aspirations de notre peuple et
notamment de notre jeunesse, laquelle aspire à vivre son propre
siècle.Il reviendra donc à notre peuple de mener lui-même,
souverainement et sereinement, ses réformes profondes, en respect
pour le tribut qu’il a versé pour le recouvrement de son
indépendance, en fidélité à ses sacrifices récents pour la
sauvegarde de la République et de la démocratie, et en gages sûrs
pour ses propres aspirations à construire une Algérie démocratique
et moderne, fidèle à son authenticité et jalouse de l’indépendance
de décision », a conclu le président de la République.
Abordant ensuite son ordre
du jour, le Conseil des ministres a examiné et approuvé le projet de
loi de finances complémentaire pour l’exercice 2011.Ce
projet est notamment destiné à accompagner en autorisation de
programme et de crédits de paiements, et le cas échéant, en
dispositions législatives, les décisions prises par le Conseil des
ministres en février dernier, pour préserver le pouvoir d’achat des
citoyens, répondre à la demande particulière d’emplois de la
jeunesse et promouvoir davantage le développement de l’outil
économique productif.Dans ce cadre, les dépenses publiques, pour
l’année 2011, augmenteront de 25%, passant de 6618 milliards DA au
titre de fa loi de finances de l’année en cours, à 8275 milliards DA
dans la loi de finances complémentaire proposée. Ces dépenses se
ventilent ainsi qu’il suit :1.
400 milliards DA pour les régimes indemnitaires des fonctionnaires y
compris leurs rappels, au fur et à mesure de leur promulgation;
2. 178
milliards DA de subventions supplémentaires pour la stabilisation
des prix du blé, du lait, de l’huile et du sucre. Ce faisant, cette
subvention passera de 93 milliards à 271 milliards DA au titre de
l’année 2011;
3. 139
milliards DA de crédits supplémentaires pour :
a-
l’élargissement du dispositif d’aide à l’insertion professionnelle
des jeunes,
b-
l’augmentation du programme de travaux à haute intensité de main
d’œuvre,e- ainsi que l’augmentation du quota annuel de projets de
micro-investissements et les nouveaux avantages qui leurs sont
accordés;
4. 897
milliards DA d’autorisations de programme pour la prise en charge
des décisions liées à la politique publique de logement, dont :
a-
l’augmentation du programme quinquennal de construçtion de logements
sociaux locatifs qui passe ainsi de 800.000 à 1 million d’unités,
dont 410.000 verront leur lancement avancé;
b- le
relèvement du programme quinquennal d’aide aux logements ruraux qui
passera de 700.000 à 900.000 unités;c-
ainsi que la réalisation de 50.000 logements promotionnels aidés
réservés aux jeunes.
5. 24
milliards DA pour l’aménagement d’espaces destinés à l’activité
économique dont :
a- la
réalisation de marchés pour encadrer le commerce informel dans les
villes,
b- la réhabilitation des zones d’activités communales à
travers plusieurs wilayas,
c- et 20% du
coût de réalisation de 36 nouvelles zones industrielles, le reste de
cette dépense devant être mobilisé par crédits à très long terme, du
Fonds national d’investissements;
6. 67
milliards DA de compléments de crédits aux secteurs de l’industrie,
de l’hydraulique, des travaux publics, du rail ainsi que les
programmes communaux de développement;
7. Enfin,
des provisions pour couvrir notamment les besoins des secteurs
formateurs en nouveaux postes budgétaires pour la rentrée et faire
face aux imprévus.Dans sa partie législative, le projet de loi de
finances complémentaire ne comporte aucun nouvel impôt ou taxe ni
augmentation d’impôt et taxe. Bien au contraire, il propose de
nouveaux encouragements à l’activité économique, notamment :
1. Une
hausse de 5 à 10 millions DA du plafond d’éligibilité des activités
économiques à l’impôt forfaitaire unique;
2. Le
dégrèvement des charges sociales à hauteur de 80% dans les wilayas
du Nord, et de 90% dans les wilayas des hauts plateaux et du Sud,
pour les entreprises recrutant des primo demandeurs d’emplois,
3.
L’étalement sur trois années après la période d’exonération, de la
période durant laquelle les micro-entreprises s’acquitteront
progressivement de leurs obligations fiscales;
4. La
validation de l’accès des investisseurs au foncier industriel à des
coûts fortement allégés, soit 10% du montant de la redevance
annuelle durant les trois années de réalisation, et 50% du même
montant durant la période de mise en exploitation pouvant aller
jusqu’à cinq années. En vue d’encourager la politique d’aménagement
du territoire et de concourir au développement des wilayas de
l’intérieur du pays, ces mêmes redevances seront ramenées au dinar
symbolique pendant 10 années, dans les wilayas du Sud et des hauts
plateaux.
5. Et
l’exonération des droits de douanes et de la TVA sur les
importations d’huile alimentaire brute ainsi que du sucre blanc et
roux au titre de la sauvegarde du pouvoir d’achat.
Le Conseil des ministres a poursuivi ses travaux en examinant et
approuvant un projet de dispositif législatif amendé, relatif à la
dépénalisation de l’acte de gestion.Il s’agit
d’abord d’un projet d’amendement d’une disposition pertinente du
Code pénal, et ce, pour protéger les cadres gestionnaires dans
l’accomplissement de leur mission et dans la prise en charge du
risque de gestion, en limitant les motifs légaux d’inculpation de
vol, détérioration ou perte de deniers et effets publics par le fait
d’un tiers, au manquement par le gestionnaire concerné à ses
obligations professionnelles de prudence, de sécurité ou de
diligences normales.Il s’agit également de l’amendement de deux
dispositions pertinentes de la loi du 20 février 2006 complétée
relative à la prévention et à la lutte contre la corruption.Ce
faisant, l’intention délibérée sera désormais requise pour
poursuivre un gestionnaire au motif d’avoir procuré à autrui un
avantage lors de la passation d’un contrat ou marché public, et pour
dissipation de biens publics à son profit ou au profit d’un tiers.En
outre, la plainte préalable des organes sociaux de l’entreprise sera
également requise avant toute poursuite pénale à l’encontre des
cadres gestionnaires.Commentant ces projets d’amendements après leur
adoption par le Conseil des ministres, le président de la République
a souligné qu’il s’agit là d’un message de considération et de
confiance de l’Etat envers les gestionnaires et les cadres du pays.
Le Chef de l’Etat a précisé que cela ne saurait être interprété par
quiconque, comme un laxisme devant toute atteinte au patrimoine
public, qui continuera à être vigoureusement sanctionnée dans le
cadre de la loi.
Le Conseil des ministres a
également étudié et approuvé un projet d’amendement du Code pénal
relatif à la dépénalisation du délit de presse.Cet
amendement propose d’abord la suppression de la peine
d’emprisonnement ne gardant que la peine d’amende pécuniaire, au
niveau de l’article 144-bis relatif à l’offense au Chef de l’Etat.
La suppression de la peine d’emprisonnement est proposée aussi au
niveau de l’article 146 relatif à l’outrage, à l’injure et à la
diffamation contre le Parlement, les juridictions, l’Armée nationale
populaire, tout corps constitué et toute autre institution
publique.Le même projet propose l’abrogation pure et simple de
l’article 144-bis 1, qui énonçait les sanctions applicables à
l’offense du président de la République, commise par l’intermédiaire
d’une publication, prévoyant dans ce cadre, des poursuites contre
les responsables de la publication et de la rédaction, ainsi qu’à
l’encontre de la publication elle-même.Intervenant après
l’approbation de ce projet d’amendement, le Chef de l’Etat a indiqué
«qu’il s’agit là d’une mise en concordance de nos lois avec nos
convictions, ainsi que d’un message de considération adressé à la
famille de la presse nationale ».«La liberté d’opinion et
d’expression est un acquis constitutionnellement garanti. Nous
veillerons à la conforter comme je l’ai indiqué en annonçant les
reformes politiques qui seront mises en œuvre au cours des prochains
mois », a conclu le Président Abdelaziz Bouteflika.
Le Conseil des ministres a
ensuite examiné et approuvé un projet de décret présidentiel portant
création de l’institut algérien de formation en génie nucléaire.La
création de cet établissement s’inscrit dans le cadre du programme
nucléaire national s’étalant sur la période 2010 à 2025 et dont
l’objectif est d’apporter à long terme, une contribution
substantielle à l’alimentation du pays en énergie électrique.Cet
institut est destiné à offrir des formations spécialisées en génie
nucléaire, dans la maintenance et l’exploitation des réacteurs et
installations nucléaires, la sûreté radiologique et nucléaire, ainsi
que dans les domaines des techniques nucléaires et de la physique
médicale.Le siège de cet institut sera établi à Alger, au niveau du
Commissariat à l’énergie atomique. Les formations seront assurées au
niveau des centres de recherches nucléaires d’Alger, de Draria, de
Birine et de Tamanrasset.Enfin, cet Institut qui sera créé en
stricte conformité avec les accords et conventions internationaux
dont l’Algérie est signataire en sa qualité de membre de l’Agence
internationale pour l’énergie atomique (AIEA), sera également
intégré dans la coopération que notre pays développe sur
l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire avec ses partenaires
étrangers tels que l’Afrique du Sud, les Etats-Unis d’Amérique,
l’Argentine, la Chine et la France.
Le Conseil des ministres a
également examiné et approuvé un projet de décret présidentiel
modifiant et complétant celui de juin 2002 portant statut de la
société Sonelgaz.Cette modification est destinée à
adapter le statut de cette société publique avec les dispositions de
la loi relative à l’électricité et à la distribution du gaz par
canalisations.Elle conforte aussi la nouvelle organisation de
Sonelgaz, érigée en société holding exerçant la gestion du
portefeuille d’actions détenues dans ses filiales. Le décret
présidentiel adopté a permis, enfin, de consigner le caractère
imprescriptible et inaliénable du capital social de la société
publique Sonelgaz et de l’ensemble de ses filiales.
En outre le Conseil des
ministres a examiné et approuvé un projet de décret présidentiel
portant abrogation de six contrats de recherche et d’exploitation
des hydrocarbures et approbation des six contrats venus s’y
substituer.Les six contrats abrogés ont été conclus
par Sonatrach avec respectivement les sociétés Pétrovietnam (PIDC),
Repsol Algeria en décembre 2003, Sinopec, Gulf Keystone
Pétroleum.Les six périmètres objet des contrats ainsi annulés ont
fait l’objet en mars dernier, de contrats conclus entre l’Agence
nationale de valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft)
et la société publique Sonatrach.
Le Conseil des ministres a
poursuivi ses travaux par l’examen et l’approbation d’un projet de
décret exécutif portant mission, organisation et fonctionnement de
la délégation nationale aux risques majeurs.La
création de cette délégation découle de la loi relative à la
prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes dans
le cadre du développement durable.Placée auprès du ministère chargé
de l’Intérieur qui est l’autorit nationale de gestion des plans
Oorsec et des catastrophes naturelles, l’Agence fédérera les
compétences des centres et autorités techniques spécialisés, ainsi
que des secteurs gouvernementaux concernés par la question.Sa
mission consistera, notamment, en l’élaboration d’une banque de
données pertinentes, l’évaluation du système national de prévention
des risques majeurs et la proposition de mesures pour en améliorer
l’efficacité, ainsi que la contribution à la promotion des
connaissances et au développement de la formation dans son domaine
de compétence.Le Conseil des ministres a, ensuite, entendu une
communication relative à l’évaluation des activités du secteur de la
Communication.
Le Conseil des ministres a
poursuivi ses travaux par l’examen et l’approbation d’une série de
projets de marchés publics conformément aux dispositions pertinentes
du Code des marchés publics.Le Conseil des ministres a conclu ses
travaux par l’approbation de décisions individuelles de nomination
et de fin de fonctions aux emplois supérieurs de l’Etat.
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